Le Mazdéisme, religion à Livre
Lorsque l’on consulte les textes les plus anciens notamment les Gâthâ, on y apprend que le bon Esprit est Spenta Mainyu ou Ohrmzad, et le mauvais, Angra Mainyu ou Ahriman. Ils sont appelés jumeaux et sont dits, avoir "choisi", l'un la vérité et l’autre le mensonge, et ce, dès l’Origine. Tous deux proviennent du grand Dieu Zurvan qui est décrit comme le Dieu Eternité, le père d’Ohrmzad. En châtiment de l’instant de doute que Zurvan eut avant qu’Ohrmzad n’ait apparu, se forme simultanément un fils pervers, Ahriman. Ce dernier s’empresse d’apparaître devant son père afin qu'il lui accorde, comme il se l’est promis, la souveraineté au premier de ses enfants qui se présente à lui.
On retrouve donc l'auto contemplation initiale de la Première Intelligence : le premier arrivé est l’ensemble des Attributs divins de beauté, le second, représente les Attributs de Majesté. Abel est étouffé par Caïn, lequel se présente faussement comme premier venu : "le musallî"*.
Dans le Mazdéisme il y a une aspiration constante à une rénovation, une renaissance qui chassera définitivement le mal, unifiera le monde et rétablira la justice.
Gayomart est l’Homme Parfait, à la fois l’Antropos Initial et le pèlerin destiné à arriver au terme de l’assomption.
Vish taspa est le Kun, l’Impératif activé.
Les douze Saoshyants correspondent aux douze Imâms de l’être. Les trois Saoshyants issus du Xvarnah de Zarathoustra sont les trois degrés de la Walâya, les trois Sauveurs. Le dernier des trois : le Saoshyant final est le Mahdi, le Douzième Imâm, le fils de l'homme.
Bahman est l’Esprit Saint et l’Ange Gabriel.
Spenta Armaiti est Fatima Fâtir, l'Ame Universelle : "la Haute, la Souveraine.", l'Ange de la terre, de la Connaissance. L'homme qui l'acquiert est alors au sens vrai son fils. Le mazdéen se doit de se le dire tous les matins afin d'éveiller sa conscience à cette parenté céleste.
Advî Sûrâ Anâhitâ est l’auxiliaire de la précédente, elle correspond à la Sophia céleste, hikma Ilâhia dans ses quatre degrés.
Vispa Taurvairi est la sagesse terrestre.
Gayomart représente donc également le pèlerin. L’éveil de Gayomart est prise de conscience que la réalité est divisée en Gétik, intellect pratique, régissant ce qui est fixe et Menok, intellect contemplatif régissant ce qui est évasion.
Êrân-Vej : 5ième ciel, lieu de rencontre avec :
Ashi Vanushi qui détient et confère le Xvarnah, le dépôt ; elle correspond à Amina. Elle est sœur de Daena-Malika qui est l’Ange de la religion théosophique de l’adepte. Ce dernier se rendra compte en fin de pèlerinage que religion terrestre et céleste sont l’expression d’une seule et même réalité.
Arshtât est la connaissance mystique à l’apogée. Elle correspond, dans le chiisme duodécimain, à l’épouse de l’Imâm Hassan el ‘Askari, dans l’ismaélisme et le sunnisme au degré de connaissance mystique qui engendre le Mahdi, l’Ange dénommé Fâiza.
Christi est l’Ange qui pénètre les paroles et les gestes du rituel, la connaissance qui ramène le sens des textes et des visions à leur signification première et céleste. Elle est sœur de Ashi Vanushi et de Daena, l’ange dénommé Zineb.
Zamyat correspond à Rkia; elle examine et pèse la connaissance du mystique avant de délivrer le diplôme Arshtât.
Les sept Keshvars symbolisent les six sextants, plus le septième, ici central.
Sept Amasharpands ou charpentiers de l’âme sont nécessaires pour acquérir l’Energie active et activante comme conférée par les six prophètes de l'être plus le totalisateur. Dans l'ismaélisme ce sont les sept Imâm-Naqib.
La résurrection est promise dans le nom du sixième des bénéfices immortels : le premier Imâm Naqîb.
Il y a un temps illimité : Zurvan Akanara et un temps souverain de longue durée. Comme dans l’ismaélisme, le temps est conçu comme cyclique et s’inscrit à l’intérieur d’un temps infini.
Le kosti, cordonnet sacré tissé en laine d’agneau, dont se ceignaient la taille les Zoroastriens, symbolise la quaternité primordiale. Ils y faisaient quatre nœuds, deux par devant et deux par derrière; un cinquième point, dit la tradition Mazdéenne, cohére l’ensemble. Le kosti fait du croyant un engendré de nouveau, un fils de Dieu comme le tout dans le Tout, composé de toutes les puissances. Nous retrouvons le symbole de la tente cosmique et de la pyramide.
Cependant dans le schéma Mazdein, on ne trouve ni l’Essence ni le Dieu apophatique. Les théosophes musulmans qui l’ont adopté à la suite de Sohrawardi ont vu leur assomption Mi’râj stoppé, au mieux, au niveau de la 2ième Intelligence. Cette erreur avait conduit Sadra Shirâzi à prôner la prééminence de l’Exister sur l’Essence. Il a reconnu sa méprise dans la discution que j’ai eu avec lui quand je suis parvenu au huitième orbe. Il m'a expliqué que l'être nécessite un impératif qui le fasse être. L'étymologie du mot exister est exactement celle-là : être mis à l'être par un autre.