La gnose dans le Christianisme
"La gnose est une science divine qui illumine l’âme purifiée par l’obéissance aux commandements, lumière qui fait voir toutes choses, à savoir les choses créées dans le devenir mais surtout révèle à l’homme sa propre réalité, son soi ... Elle se pose comme une philosophie unie à la Vérité, dialectique véritable qui examine les réalités et éprouve les vertus et les puissances, monte jusqu’à l’Essence suprême et ose aller au-delà encore, jusqu’au Dieu de l’Univers. Elle est susceptible de donner non la connaissance empirique des choses mortelles, mais la science des choses divines et célestes…" dit St Clément d'Alexandrie.
Il affirme que "la gnose est à l’intellect ce qu’est l’œil au corps de l’homme… Elle est le perfectionnement de l’homme en tant qu’homme.".
Cette science de la gnose, dit-il, fut l’héritage que le Christ laissa aux apôtres. Ces derniers la transmirent aux soixante-douze : allusion à Luc 10, de 1 à 17.
La gnose pose comme principe l’émanation du sein de Dieu, de tous les êtres à devenir, en l’état spirituel. Cette Emanation, Esprit de Dieu, produit un suivant, ainsi de suite. Ce qui va entraîner une dégénérescence graduelle des êtres de lumière jusqu’à leur chute, manifestation, dans le monde créaturel sensible. C’est à partir de ce monde sensible où ils se retrouvent que les êtres humains peuvent acquérir leur rédemption.
Le Dieu apophatique, Etre Suprême, abîme insondable et inconnaissable que nulle intelligence ne peut comprendre ni appréhender est le Dieu des gnostiques chrétiens.
L’Être Suprême, après une longue période de repos, se manifeste par une Première Effusion ou déploiement de ses perfections, Cause première, elle est origine et commencement de toutes choses et est révélatrice de la divinité à elle même.
Cette Première effusion met à l’existence par effusions successives l’une de l’autre une série d’Intelligences ou puissances dites Eons, lesquels sont hiérarchisés de manière descendante selon leur imperfection et densité. Les plus imparfaits sont au plus bas.
Aux douze Eons ainsi hypostasiés, il faut adjoindre la Première Cause et un Eon principiel, la Sagesse Sophia ce qui fait un total de Quatorze.
Le premier Eon engendré par la Cause Première est appelé Nous, 12ième Eon, lequel engendre l’Eon suivant, le 11ième : Christos. Ce dernier rétablit l’ordre et l’harmonie parmi les Eons égarés par l’esprit de discorde.
Ce fut l'Eon nommé Jésus, qui fut chargé de répandre la vie afin de rattraper le retard que Iadalbaoth, fils des ténèbres, a introduit dans la Création divine.
Jésus fut envoyé sur terre comme Rédempteur de l’humanité en péril. Il y resta après sa résurrection pour transmettre aux Apôtres la science parfaite ou Gnose que lui avait enseigné la Sagesse divine Sophia. Elevé ensuite dans les mondes intermédiaires, il siège à la droite du Créateur pour recevoir les âmes élues et purifiées par Christos, 11ième Eon. Ce siège est celui du Sauveur, le 12ième Eon.
Dans Pistis Sophia la Lumière de Jésus dit au Apôtres réunis au Mont de L’Olivier "Je trouvais Marie qui est appelée ma mère selon la chair, Je lui parlai sous la figure de Gabriel, et lorsqu’elle se fut élevée vers moi, Je mis en elle la première force que je reçus de Barbelon", c’est à dire le corps qui venait des régions supérieures.
Le corps que Jésus mit dans celui de sa mère, pendant qu’il lui apparaissait sous la forme de Gabriel, l’Esprit Saint, est le corps de résurrection, le Jésus de l’être, il active le centre paranormal ou cœur.
Ieu est la Volonté de Dieu.
Le grand Sabaoth le bon est l’Acte de Volition.
Barbelon représente la Lumière qui totalise l’ensemble des Attributs divins de beauté.
Zama, zama ôzza rachama ôzai sont les cinq lumières primordiales, émanations de l’Essence. Elles sont toutes cinq présentes dans la Volonté Ieu de Dieu.
Les 12 Eons ont comme fonction cosmique d’être les trésors et les trésoriers de chaque ciel exactement la fonction des douze Imâm-Naqib qui révèlent les 12 sources trésors du rocher- intellect.
Jao est le gardien de la lumière à l’état opaque dans l’homme non encore purifié : Zabânia.
Melchisédech est la lumière prophétique dépendante de Sâlih, 2ième ciel qui aide le pèlerin à se purifier. L’heimarméné est le décompte des actions.
Elie correspond à el Khadir.
Marie représente le prototype du pèlerin mystique qui exemplifie en lui-même les différentes étapes de l'assomption de la connaissance mystique acquise par degrés à mesure de la remontée des cieux spirituels : l’Assomption Mi'râj.
La partie du mélange qui doit être détruite est celle des attributs contingents de l’homme pour que ne demeurent que les Attributs de Beauté p 63.
L’assemblée des dieux se compose des douze Eons, les douze Imâms.
La septième supplication mène le pèlerin à s’asseoir aux coté de Jésus sur le Trône d’Ebène, Trône d’Errahmân qui totalise les sept cieux.
Arioith, l’Ethiopienne est le Féminin créateur : la forme qui entoure la Lumière ; elle est celle qui matérialise et densifie, et correspond à Fatima Fâtir, la Miséricorde existenciatrice. Pistis. S p 151.
Sous le Trône de Jésus, il y a sept cieux spirituels, gardés par les six derniers Archons ou Génies, les derniers dans l’ordre descendant de l’émanation. Leur fonction consiste à empêcher la progression et la migration des âmes purifiées vers de plus hautes spiritualités.
Sophia, égarée dans ses contemplations au sein des Lumières célestes, se retrouva précipitée dans les ténèbres (du monde terrestre). Elle implora alors son pardon dans un élan d’amour et de regret. Christ, le Rédempteur l’entendit. Il rétablit l’ordre dans le ciel en affaiblissant l’influence néfaste des Archons. Ce qui permit à Sophia des ténèbres de se relever, de devenir céleste et d’acquérir la connaissance mystique qu’elle symbolise : "Le Seigneur a entendu ma prière; il a conduit mon âme hors du tombeau" Pistis S. p 91. Le tombeau dont il s’agit ici est celui du corps de l’homme mortel qui n’est vivant que par les cinq sens du monde sensible. Sans l’évasion du corps matériel qui figure la sagesse terrestre, il n’y a pas d’assomption.
Réjouissez-vous, et que la joie se place sur votre joie, parce que les temps sont accomplis où je revêtirai mon vêtement qui m’a été préparé dès le commencement et que j’ai mis dans le dernier mystère jusqu’au temps de sa perfection, dit Jésus à ses disciples. Pistis S. p 32. La réjouissance est celle de la parousie du Sauveur, le Mahdi que les chiites désignent de la même manière : farah.
Les noms que Christos 11ième Eon donne aux 4 lumières qui l'accompagnent sont l'étymologie même de quatre des cinq derniers Imâms (voire le récit du double nuage).
"L’enfant de l’enfant sont les deux sauveurs dans les sept cieux ; le douzième sauveur est le même que le sauveur du cinquième arbre du trésor de la lumière, il sera dans la région des âmes recevant le douzième mystère du premier mystère." lit-on p 106 : les trois degrés de la Walâya sont cités dans ce paragraphe avec une précision qui confirme les moindres détails.
Tous les thèmes de la gnose chrétienne se retrouvent dans la gnose islamique.
L’homme qui réalise cette progression de son vivant obtient le libre passage à travers les différents cieux spirituels, à sa mort naturelle, il retrouve sans risques de s’égarer, le chemin vers le Créateur, affirme cette gnose.