Conclusion à la théosophie comparative
Les noms changent d’une gnose à l’autre; les fonctions cosmiques des êtres de lumière, rois, anges et dieux sont parfaitement identiques.
Comme conclusion à ce chapitre, je ne vois de meilleure réflexion que celle de Mansour el Hallâj. Elle en est le parfait commentaire :
"J’ai réfléchi sur les dénominations confessionnelles, faisant effort pour les comprendre. Je les considère comme un principe unique à ramifications nombreuses. Ne demandes donc pas à un homme d’adopter telle dénomination confessionnelle, car cela l’écarterait du Principe Fondamental. Certes c’est ce Principe Lui-même qui doit venir le chercher, Lui en qui s’élucident toutes les grandeurs et toutes les significations. L’homme alors comprendra."
Un regret cependant : celui de ne pas avoir présenté le Bouddhisme, pourtant tous les indices d’une gnose comparable aux autres sont là : Bodhi signifie éveil à Sâkya, la gnose, jusqu’à arriver à l’illumination. Les Jina, chefs de lignée qui se répartissent les éléments du Cosmos, aident à la réalisation, exactement comme les millénaires creuseurs. Le Maitreya, le Messie, est le plus vénéré d’entre tous les Bouddhas. Le culte de Bodhisattva, le Sauveur, s’accentue à mesure que le caractère de Bouddha se transcende.
Je n’ai pas pu accéder aux écrits de Philon d’Alexandrie ni à l'œuvre complète, le "Guide des égarés" de Maimonide. Ce grand théosophe que la civilisation hispano-mauresque est fière de compter parmi les siens a été de ceus qui ont préconisé une approche des Textes saints fondée sur l'étude des racines des mots, en prétant attention à l'allusion, la litote, le détour et la contradiction. C'est à ce prix seul dit-il que l'on peut en pénétrer le sens caché. Son tord néanmoins est celui de tous les péripatéticiens; il croit au libre arbitre, alors que seul Dieu est Acteur.